13 Jan Communication non-verbale en réunion : Maîtrisez ce que vous ne dites pas
Au-delà des mots...
Selon le professeur Albert Mehrabian, 7% de la communication serait verbale, 38% serait vocale (tonalité, rythme) et 55% serait visuelle. Bien que ces chiffres soient à nuancer, ils révèlent une vérité fondamentale du monde professionnel : notre interlocuteur retient davantage la manière dont le message est délivré que le même lui-même.
En réunion, cette vérité se vérifie rapidement. Lorsqu’un manager annonce une nouvelle stratégie avec une voix monotone et le regard fuyant, son équipe percevra un manque de conviction, indépendamment du plan présenté. Cela est dû à une dissonance entre le discours (verbal) et l’attitude (non-verbal). Pour asseoir sa crédibilité, la cohérence entre les mots et les gestes est indispensable.
L'écoute par les yeux
Pour exploiter la puissance du non-verbal, il est important de pratiquer « l’observation active« . En entreprise, une réunion n’est pas un monologue mais bien un écosystème vivant où chaque participant émet des signaux sur son état d’esprit, son niveau d’adhésion ou son agacement.
Par exemple, l’orientation du corps est un des indicateurs premiers. Un collaborateur dont le torse est tourné vers l’orateur démontre une ouverture et un intérêt, tandis qu’une orientation vers la sortie peut signaler un désengagement ou un désaccord. La gestion de l’espace personnel en réunion donne aussi une information. Celui qui étale ses dossiers sur la table cherche souvent à affirmer une autorité, tandis que celui qui rassemble ses affaires près de lui peut se sentir menacé ou sur la défensive.
Attention cependant à ne pas tomber dans l’interprétation hâtive. Un bras croisé ne signifie pas systématiquement une fermeture : cela peut simplement indiquer une sensation de froid ou une position de confort. Un expert en communication non-verbale va plutôt chercher un faisceau d’indices, c’est-à-dire plusieurs signaux simultanés ou successifs qui valideront une hypothèse. Par exemple, un froncement de sourcils, un recul du buste et un croisement de bras pourront démontrer une résistance.
Le leadership silencieux
Si observer est essentiel, savoir émettre les bons signaux l’est tout autant. Votre posture influence non seulement la perception des autres, mais aussi votre propre perception de vous-même. Selon la psychologue Amy Cuddy, certaines positions peuvent augmenter le sentiment de confiance en soi.
En réunion, l’ancrage est votre meilleur allié. Être assis droit et les pieds bien à plat sur le sol confère une stabilité physique qui se traduit par une stabilité émotionnelle perçue. Évitez donc de vous affaissez sur votre chaise (démontre un manque d’énergie) ou de vous agiter nerveusement (démontre de l’anxiété). Autre conseil : laisser vos mains doivent être visibles car cacher ses mains sous la table est inconsciemment perçu comme un manque de transparence ou d’honnêteté par le cerveau reptilien de vos interlocuteurs.
Le regard constitue le second pilier de la communication non-verbale. Maintenant un contact visuel avec son interlocuteur créer du lien et de la confiance. Lors d’une prise de parole, balayer l’ensemble de l’auditoire permet d’inclure chaque participant et transforme une présentation magistrale en échange collectif. Négliger une partie de la salle revient à exclure certains collaborateurs.
La synchronisation corporelle
La synchronisation (ou effet miroir) est une technique souvent utilisée par les négociateurs émérites. Il s’agit d’adopter subtilement une posture, un rythme vocal ou une gestuelle similaire à celle de son interlocuteur. Cela permet de créer une résonance inconsciente et envoie comme signal : « Je suis comme toi, je te comprends ».
Dans une situation de tension ou de désaccord en réunion, la synchronisation peut s’avérer un outil redoutable. Si votre interlocuteur parle vite et fort, s’aligner temporairement sur son énergie avant de ralentir progressivement votre débit peut l’amener à se calmer. C’est une manœuvre délicate qui demande de l’intelligence émotionnelle et de l’authenticité pour ne pas paraître manipulateur.
Le défi du non-verbal à l'ère du digital
La démocratisation du télé-travail et des visioconférence a bouleversé les codes de la communication non-verbale, sans pour autant les effacer.
Dans un contexte de communication principalement digitale, l’expressivité doit être légèrement amplifiée. Puisque le corps est souvent coupé au niveau du buste lors des appels vidéo, le visage et la voix deviennent les vecteurs d’information principaux. Hocher la tête plus d’instinct évent pour marquer l’écoute, sourire davantage pour composer la froideur de l’écran ou utiliser les mains dans le champs de la caméra sont autant de petits ajustements nécessaires.
Un autre conseil serait de fixer l’objectif de la caméra, et non l’image de son interlocuteur sur l’écran. C’est un réflexe contre-intuitif mais qui peut s’avérer puissant pour recréer une connexion humaine à distance.
Vers une intelligence comportementale
La puissance du non verbal en réunion réside dans sa capacité à révéler le non-dit et à renforcer le leadership. Ce n’est pas une science exacte, mais une grille de lecture qui s’affine avec l’expérience et l’observation.
Pour l’entreprise, développer cette intelligence comportementale chez ses managers et ses équipes est un investissement rentable. Cela conduit à des réunions plus courtes car plus franches, à des malentendus évités et à des négociations plus fructueuses. En définitive, maîtriser son langage corporel, c’est choisir d’aligner son intention profonde avec son image, pour une communication authentique et impactante. La prochaine fois que vous entrerez en réunion, souvenez-vous que votre corps a déjà commencé à parler bien avant que vous ne preniez la parole.
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